INSCRIPTION

Rajouter de la résine à l’hydroxyde de calcium, bonne ou mauvaise idée pour la préservation pulpaire ?

Une récente méta‑analyse de Cabrera‑Fernández regroupe neuf essais randomisés sur des thérapeutiques pulpares vitales réalisées sur dents permanentes, incluant coiffages indirects, directs et pulpotomies.

Les auteurs comparent principalement un matériau à base d’hydroxyde de calcium résine‑modifié, TheraCal LC, à des biocéramiques conventionnelles comme Biodentine, différents MTA, iRoot BP Plus ou CEM.

Verdict :

  • À trois et six mois de suivi, les résultats clinico‑radiographiques sont globalement équivalents entre matériaux avec ou sans résine : les taux de succès sont élevés dans les deux groupes, avec des rapports de risque très proches de 1 et des intervalles de confiance qui chevauchent la valeur nulle, ce qui signifie qu’aucune supériorité nette n’est démontrée à court terme.
  • En revanche, à douze mois, une tendance commence à se dessiner en faveur des matériaux sans résine, avec des rapports de risque qui penchent du côté des biocéramiques conventionnelles, même si la différence n’atteint pas toujours la significativité statistique pour le critère de succès global.

Là où la distinction devient beaucoup plus claire, c’est sur la qualité de la réponse tissulaire: la formation de pont dentinaire complet à un an est significativement moins fréquente avec TheraCal LC qu’avec les biocéramiques sans résine.

Autrement dit, sur la symptomatologie et les radios à court terme, les produits à base d’hydroxyde de calcium modifiés à la résine tiennent la route, mais dès qu’on regarde la réalité biologique à moyen terme, l’avantage bascule en faveur des biocéramiques classiques.

Cette différence s’explique par la nature hybride des matériaux résine‑modifiés. TheraCal LC, par exemple, ne contient qu’une fraction de silicate de calcium incluse dans une matrice résineuse photopolymérisable. S’il offre des propriétés physiques intéressantes, une prise immédiate et une manipulation confortable, il libère aussi des monomères résiduels lorsque la polymérisation est incomplète. Ces monomères hydrophobes diffusent vers la pulpe, augmentent le stress oxydatif et compromettent la viabilité des cellules pulpaires et de leurs progéniteurs. De nombreuses données expérimentales montrent une viabilité moindre des cellules souches pulpaires, une dentinogénèse plus tardive et moins organisée avec ces matériaux, comparativement à des biocéramiques pures.

Cliniquement, cela se traduit par des ponts dentinaires plus tardifs, plus minces ou discontinus, ce qui concorde avec les résultats de la méta‑analyse à douze mois. Les versions plus récentes comme TheraCal PT semblent réduire une partie de cette toxicité grâce à une chimie résine différente et une polymérisation plus complète, mais les essais disponibles montrent encore des performances inférieures à Biodentine en pulpotomie, tant sur les critères de succès global que sur la formation de dentine réparatrice.

Dans l’état actuel des connaissances, les auteurs concluent donc que les matériaux résine‑modifiés peuvent rendre service pour des raisons opératoires, mais qu’ils n’égalent pas les silicates calciques sans résine lorsque l’objectif prioritaire est la réponse pulpaire et la formation d’un pont dentinaire fiable et durable.

On privilégiera donc les biocéramiques classiques pour toutes vos techniques de préservation pulpaire.

Bonne semaine à tous

#endolight

Source : Cabrera‑Fernández A, Dominguez‑Dominguez L, Pérez‑Pérez A, et al. Clinical and Radiographic Outcomes of Vital Pulp Therapy Using Resin‑Modified Versus Conventional Calcium Silicate‑Based Materials: A Systematic Review and Meta‑Analysis. J Funct Biomater. 2026;17(1):32.

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